Congo Covid-19: dépistages aux frontières aériennes, Clément Mouamba manœuvre avec un prestataire douteux.

Par R. Cyr MAKOSSO.

Le Congo-Brazzaville a vu le nombre des malades du Covid-19 explosé depuis plusieurs semaines. Le gouvernement visiblement dépassé par la pandémie est en quête de solutions nouvelles pour enrayée sa progression. Désormais tous les voyageurs entrant au Congo feront l’objet d’une “obligation de dépistage systématique” aux aéroports de Maya-Maya, Agostino Neto (Pointe-Noire) et Ollombo. Ce marché a été confié sans appel d’offres à la société DEL Biotechnologies, un prestataire dont on ne trouve les réfenreces en la matière nulle part.

“Del Biotechnologies” une entreprise connue de Clément Mouamba seul

Dans une lettre que nous avons pu consulter, adressée le 22 juin 2020 à Deladem AKPAKI, Directeur Général de Del Biotechnologies, le Premier ministre Clément Mouamba, lui a signifié au nom du président Sassou Nguesso, la décision du gouvernement “de la ,mise en œuvre d’une obligation de dépistage systématique des voyageurs aux frontières aériennes dans le cadre du plan national de riposte contre la pandémie de la maladie à Coronavirus 2019 (Covisd-19)”. Pour rendre opérationnelle cette mesure, le choix du gouvernement s’est porté sur “Del Biotechnologies”, qui, bénéficie ainsi d’une exclusivité dans le cadre d’un partenariat public-privé, pour procéder à “ la mise en place des centres de dépistage (rapides au Covid-19) des passagers et de désinfection des bagages sur les plateformes aéroportuaires de la République du Congo” écrit Clément Mouamba. Afin de faire passer la pilule à ceux qui ne comprendront pas le choix unilatéral du gouvernement de confier un tel marché sensible à “Del Biotechnologies”, Clément Mouamba prend la peine de présenter cette entreprise comme étant “spécialisée dans la mise en œuvre des solutions d’hygiène et de santé publique telles que le dépistage des maladies infectieuses ou la désinfection des espaces publics…

“Del Biotechnologies” une entreprise sans références

D’après nos informations “Del Biotechnologies” est une entreprise inconnue dans les milieux médicaux africains. Ni un état ou une ONG, ni une entreprise privée n’ont eu recours à ses services pour traiter les grands foyers des dernières épidémies notamment Ebola en RDC oui en Guinée Conakry. C’est une société qui ne peut rien revendiquer en matière de “solutions d’hygiène et de santé publique telles que le dépistage des maladies infectieuses ou la désinfection des espaces publics” comme le prétend Clément Mouamba. Ses spécialités vantées par M. Mouamba ne sont pas avérées. Une simple requête sur les moteur de recherche à propos de “Del Biotechnologies” n’aboutit à aucun résultat, renvoyant à l’entreprise présentée par le Premier ministre congolais. Pas de site internet, pas de référencement, encore moins la mention d’une prestation réalisée sur le continent africain ou ailleurs.

Comment comprendre qu’une entreprise opérant dans le domaine sanitaire, spécialisé dans le domaine du dépistage des maladies infectieuses n’ait ni référence ni mention sur internet? Quand au directeur de “Del Biotechnologies” M. Deladem AKPAKI, nous n’avons trouvé aucune information disponible, relative à sa direction de la dite société. La recherche effectuée sur Google à propos de ce patronyme “DelademAKPAKI” renvoi au “président de la Fédération togolaise de judo, Secrétaire général du Comité national olympique du Togo (CNO-TOGO) (promu à la) Direction Marketing de l’Union africaine de judo (UAJ)”.

Vices de forme et Covid Business

Nous avons soumis la lettre de Clément Mouamba à des experts de passation de marché qui y ont souligné des vices de forme. Le mode de passation de ce marché n’est pas conforme à la législation congolaise. Le coût et la durée du marché sont inconnus, l’expérience du prestataire n’est pas avérée comme nous l’avons montré ci-haut et le mode de sélection n’est pas indiqué. Aussi, peut-on noter un élément discriminatoire: comment peut-on demander aux passagers de payer les frais de dépistage? Depuis le début de cette pandémie, le Congo a mis en place le Fonds Covid qui prend en charge les frais liés aux hospitalisations, obsèques et aux tests classiques. L’application de cette mesure sera source de remous et pourra causer une insécurité dans les aéroports concernés, surtout ceux de Brazzaville et de Pointe-Noire.Les autorités congolaises en charge de la gestion de la pandémie du Covid-19 sont accusées par une parie de l’opinion, de profiter de cette crise pour détourner l’argent affecté à sa gestion. Alors que le nombre de cas de ressent d’augmenter, aucune mesure efficace n’est prise ni dans l’accompagnement des malades, ni dans l’accès aux soins appropriés. De nombreux malades préfèrent se cacher que de se rendre dans les centres de prise en charge mis en place par le gouvernement.

Vouda NGANOU