CONGO. L’impératif de l’assainissement du cadre entrepreneurial: nécessité de diversification

Les TPE, TPI, PME, PMI…peinent à se construire une vraie place dans la recherche du dynamisme économique. À la lecture de la conjoncture économique leurs contraintes se durcissent au regard de l’assèchement de liquidités. Une hémorragie financière qui n’encourage pas la consommation ni l’investissement. L’incertitude face à la sortie de cette crise Covid19 laisse croître l’épargne thésaurisé… ce qui est préjudiciable pour la reprise économique.

Cette catégorie d’opérateurs économiques joue un rôle essentiel au sein de nôtre économie.. il est utile d’en mesurer les contraintes. La base de données de la banque centrale relative aux états financiers des entreprises non financières au Congo peut suffisamment nous éclairer.

En revue, les bénéfices de cette catégorie d’opérateur économique y compris les grandes entreprises ont sans doute enregistrés une baisse sensible. Étant donné l’environnement économique globalement défavorable, des résultats peuvent être réalisés, avant tout, grâce au maintien d’un niveau élevé de discipline en matière de coût (rationalisation des charges fixes). Au cours de cette période sur le plan mondiale certaines mesures d’allègements portant sur l’exigibilité de niveau de fonds propres ont été préconisées par le Comité de Bale. Afin d’offrir plus de marges de manœuvres financières aux entreprises dans un contexte de diminution totale des actifs. En France, l’intervention du soutien aux entreprises par les pouvoirs publics a été remarquée également par la nationalisation d’une partie du cycle d’exploitation des entreprises.Sur le plan local, au Congo le soutien apporté a été essentiellement fiscale. Il s’est agi essentiellement de reports significatifs de charges fiscales et d’un allègement de l’impôt sur les bénéfices revue en baisse à 28% du résultat net imposable dans la loi de finance rectificative.


Les bénéfices bruts du secteur porteur de croissance hors pétrole et créateurs d’emplois à l’instar du secteur des services ( BTP , télécommunications, banques…) ont enregistré une baisse considérable de chiffres d’affaires dans l’ensemble.. les entreprises ont vu leurs structures financières se dégradées. Leur ratio de fonds propres a ainsi été ajusté et a baissé en moyenne..Les chocs liés à la pandémie dite Covid19 ont considérablement contribué à cette évolution défavorable en dehors de la crise d’endettement qui prévôt depuis quelques années au Congo. Cette crise d’endettement, continue d’avoir un impact considérable sur le niveau de la demande…et des investissements publics. D’une croissance de 3,2% en 2019, l’on craint une récession de l’ordre de -10% par rapport au projection initiale en début d’année.

Les grandes entreprises considérées comme la colonne vertébrale et la mamelle des prévisions fiscales sont très fébriles… la demande intérieure reste particulierement très faible. Toutefois la dynamique externe de reprise de nos principaux partenaires ( france, Chine. ..) semble être une bonne nouvelle pour la relance de l’activité économique au Congo.En conclusion, nous souffrons d’un réel deficit structurel qui plombe nos efforts en terme de productivité et de compétitivité. La diversification de l’économie est une réelle nécessité. Il y a éventuellement des réformes déjà entreprises pour pallier aux chocs Covid19. Ces réformes portent à la fois sur le cadre normatif susceptible de faciliter la redynamisation du système financier et l’optimisation du climat des affaires.

Ray OKANA / Economiste, Fiscaliste et Administrateur public