CULTURE. Maryse Mulumba, ‘’la peinture m’a sauvée la vie’’

Par Anthony MOUYOUNGUI

2019 restera une année importante dans la carrière de Maryse Mulumba. Une année de prise de conscience et de maturité. ‘’J’ai grandi artistiquement et j’ai surmonté mes peurs. Produire grand me terrifiait car, je n’avais pas confiance en moi. Puis, je me suis lancée et je me suis découverte’’ affirme l’artiste.

Une découverte d’elle-même illustrée par deux grands moments marquants. Le premier, sa participation à l’exposition ‘’Art Shopping’’ au Carrousel du Louvre du 24 au 26 mai 2019, ou elle obtient le Diplôme Révélateur de Talents. Le second, est le tableau ‘’Fertility’’, qui parle du pouvoir de la femme et de la création, qu’elle considère comme son œuvre la plus aboutie depuis ses débuts. ‘’J’ai grandi à travers elle. Après l’avoir terminé, je me suis dit Maryse tu es capable de faire grand et mieux. Fais-toi confiance et sois le plus sincère possible’’ ajoute Maryse Mulumba qui a longtemps manqué de confiance en elle.

Née il y a 27 ans à Evry, dans l’Essonne, des parents originaires de la RDC, Maryse grandit sans figure paternelle, et sa mère tente tant bien que mal de représenter les deux rôles. Elle est cependant consciente des séquelles de cet abandon sur sa mère et le reste de la famille. Plus grande, elle cherche la figure paternelle sans vraiment la trouver. Déception, rejet, mépris et maltraitance psychologique sont au rendez-vous de cette quête intime. Puis, ‘’est arrivé un moment où, j’avais compris que le moyen d’arrêter cette descente en enfers était déjà de me pardonner à moi-même et à mon père aussi’’ explique la jeune peintre. La peinture devient alors une sorte d’exutoire où la jeune fille exprime sa tristesse et son mal être. Le dessin dit-elle « a toujours été mon truc. Depuis la maternelle, les animatrices me disaient déjà que j’étais douée. Je dessinais partout à longueur de journée et cela dans dire un mot. J’étais dans ma petite bulle. » informe Maryse qui à cette époque dessinait déjà les vêtements et les chaussures. « A l’adolescence, j’ai abandonné le dessin pour plusieurs raisons car je me suis mise à fréquenter des mauvaises personnes. Si pendant longtemps, le dessin m’a toujours apaisée, j’ai néanmoins rejeté ce talent par le manque de confiance en moi, de communication et les mauvaises fréquentations…Toutes ces choses ont retardé mon entrée dans le monde de l’art’’ révèle la jeune femme. A force de travail et de persévérance, Maryse, qui n’a pas fait une seule école d’Art, parvient à exposer ses œuvres. Le baptême de feu a lieu à la Galerie Artcad à Suresnes (92) en 2018. Maryse Mulumba était alors ‘’très excitée, heureuse et merveilleusement surprise’’. Elle avait reçu des critiques positives de la part du public. La belle aventure s’est poursuivie en 2019 avec les expositions au Carrousel du Louvres, au Gala Ashanti en octobre et lors du Beloved Motherland à La Bellevilloise en décembre. Même si elle est très contente d’elle, elle estime que ce n’est pas encore fini et espère faire mieux pour les prochaines expositions.

En ce début de nouvelle décennie, Maryse Mulumba est une jeune femme épanouie. La tristesse est loin derrière et son regard résolument tourné vers l’avenir. Un avenir qui passe par la confirmation de ce que 2019 a laissé entrevoir et un retour aux sources. ‘’Je suis née en France, mais je ne me suis jamais réellement sentie à ma place. J’ai besoin de comprendre de savoir qui je suis réellement. J’aime la France malgré ses défauts. J’ai grandi et tout appris dans ce pays. Même si, en moi, j’ai la très forte envie de retourner au pays’’ explique Maryse qui souhaite de plus en plus rentrer au bercail (RDC) en espérant y apporter son aide. ‘’Je voudrais aider à créer des organismes au pays pour les femmes et les enfants de la rue. Les aider à travers des ateliers d’art et de peinture car, la peinture est thérapeutique. Elle aide à extérioriser de nombreux sentiments et questionnement ou même les frustrations.’’ conclut Maryse Mulumba qui avoue devoir son épanouissement à la peinture.

En 2020, son envole est freiné par la pandémie qui secoue le monde. Le double confinement ne l’a pas empêché de créer et d’exposer notamment sur les réseaux sociaux. ‘’J’essaie de mettre de la joie et voir les choses sous un angle différent’’ conclut l’artiste.

Anthony MOUYOUNGUI

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