France – Côte d’Ivoire: Guillaume Soro persona non grata en France

Par Alphonse NDONGO.

Les affaires ont toujours primé sur l’orientation politique de la France en Afrique. Depuis que chinois, turcs et russes raflent la mise sous le nez et la barbe des entreprises françaises, Macron est obligé d’engager une opération de charme en direction de l’Afrique.

À la suite de l’interview que Emmanuel Macron a accordée au magazine panafricain, Jeune Afrique, Guillaume Soro, en séjour à Bruxelles, est empêché de retourner en France, confie une bonne source proche de l’ancien premier ministre de Ouattara.
Paris reproche à Soro, à mots à peine voilés, d’utiliser la France comme pays à partir duquel il planifie la « déstabilisation de la Côte d’ivoire ». Son appel à l’insurrection lancé à la suite de la réélection de Alassane Dramane Ouattara n’a pas été apprécié à Abidjan. Qui a tout de suite réactivé le mandat d’arrêt international émis contre l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire.


Dans cette interview aux allures d’une opération de communication, Macron affiche clairement sa sympathie pour Ouattara, Kagame, Biya…
Sur le cas de la Guinée Conakry d’Alpha Condé, le président français fait le médecin après la mort en condamnant diplomatiquement- comme savaient le faire astucieusement ses prédécesseurs- les irrégularités d’une présidentielle controversée. Dont acte quand même. Paris nous habitués à ce langage diplomatique de ni oui ni non lorsqu’il est embrassé. Une espèce d’amuse-gueule dont pourrait se délecter Cellou Dalein Diallo, obligé d’attendre que son heure de gloire puisse sonner grâce à la bienveillance de Paris. Entre temps, le président de l’UFDG devra avoir le cou perclus d’humilité devant les dirigeants français. Ce sera le prix à payer pour y parvenir. Ainsi fonctionnent les black micmacs de la politique française en Afrique. Surtout au moment où les hommes d’affaires français ne sont plus en terre conquise depuis que chinois, turcs et russes raflent la mise de juteuses affaires. Peut-être, Soro devrait -il civiliser ses relations avec Paris et Abidjan pour préparer l’après Ouattara. À défaut, il court le risque d’être mis hors circuit pendant longtemps.