Le Congo Brazzaville, de la honte, de la bêtise et de l’indécence

Le Congo-Brazzaville est un petit pays d’Afrique centrale de plus de 5 millions d’habitants. Bien qu’étant un pays pétrolier (73% des recettes budgétaires, 2013), il affiche une pauvreté criarde due à ses hommes politiques dont le chef suprême est au pouvoir depuis 37 ans, et le nom de son fils souvent cité dans des affaires de corruption (« Panama Papers », cf. Le Monde, 7/04/2016, 04/04/2016, « Sundance », cf. Le Monde, 25/08/2018, « Gunvor », cf. Le Monde, 03/06/2016).

Le pays est endetté à hauteur de 120% du PIB. L’éducation est par terre, la santé dans le sous-sol, la misère a atteint des sommets himalayens. Vous ne pouvez pas échanger longtemps avec un Congolais du pays sans qu’il ne vous expose ses difficultés quotidiennes. Tout, tout est par terre, sauf chez la petite classe politique et franc-maçonnique (président, députés, conseillers, etc.).

Voilà que les élections présidentielles auront lieu au mois de mars et que la campagne est lancée. Voilà que le président du pays devient par miracle le plus pauvre de tous, et pour l’aider à financer sa campagne, une opération de récolte d’argent est lancée dans tout le pays.

1. Un département du pays, les Plateaux, des plus misérables, a pu par le biais de ses cadres politiques donner 100.000.000 F CFA (152.449,01 euros) au président de la République.

2. Un autre département du pays, la Lékoumou, tout aussi misérable, entend dépasser la contribution des Plateaux. Sur les deux photos en illustration, l’on voit ici, tête chauve, un des ministres de Sassou, et là tête de vieux fatigué, le Premier ministre, en train de déposer leurs contributions en présence des médias.

3. Dans ce Congo où l’eau et l’électricité sont d’accès difficile, la sécurité sociale inexistante, le chômage endémique, les hôpitaux des mouroirs, les retraités devenus des maltraités, des jeunes filles des prostituées larvées, pourquoi collecter des millions de francs CFA en faveur d’un Président de la République, d’un papa tranquille, d’un papa mobimba ? Pourquoi miser sur ce vieux qui bientôt disparaitra par la force de l’âge plutôt que sur la jeunesse montante ? Pourquoi ces dirigeants régionaux généreux, et dont la majorité viennent mourir dans des hôpitaux français, ne peuvent-ils pas contribuer directement à améliorer leur cadre de vie, le cadre de vie nauséeux des Plateaux ou de la Lékoumou ? Ki yéza ébélé ! bou zoba mingui !

4. Même si Thierry Moungalla et Clément Mouamba qui sont de la même région que moi ont fait de bonnes études en France, l’un est un éloquent « raccommodeur » des habits usés et troués du régime en place, le second un bon économiste, ils sont tout simplement des hommes politiques arriérés, vautrés dans la fange, incapables de sortir des eaux croupies congolaises. Pas besoin d’avoir fait Science po ou l’ENA pour le comprendre, là ils sont en train d’investir leur argent dans la campagne pour obtenir des avantages politiques après la réélection de Sassou Nguesso.

Me Philippe MOUKOKO