Manifeste de Paris pour le peuple congolais en quête de liberté

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En octobre 1940, la France traverse l’une des plus graves crises de son histoire. Ses frontières, son Empire, son indépendance et jusqu’à son âme sont menacés de destruction. Alors que le Maréchal Pétain pactise avec l’ennemi, le général de Gaulle lance à Brazzaville un Manifeste annonçant la création d’un Conseil de Défense de l’Empire.

En octobre 2020, le Congo traverse la plus grande crise multidimensionnelle de son histoire : crise de légitimité politique, crise socio-économique sans précédent dont la concorde nationale est mise à rude épreuve. Le général Denis Sassou Nguesso, 36 ans au pouvoir, gouverne avec une main de fer un pays en banqueroute, un pays meurtri, pillé, bâillonné, abandonné par la conscience internationale. Tel est le décor tragique de notre pays dans la perspective du voyage de monsieur Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères à Brazzaville.

Cependant d’innombrables preuves montrent que le Peuple congolais n’accepte pas cette servitude comme en leur temps les Français n’ont pas accepté l’humiliation de Vichy. Des milliers de Congolais et d’amis de la République du Congo ont décidé de continuer la lutte jusqu’à la libération.


Célébrer dans cette ville de Brazzaville opprimée et en banqueroute les 80 ans du Manifeste du 27 octobre 1940, ne corrobore pas avec l’image de la France, pays des droits de l’homme, qui affichera ainsi la posture de collaboratrice d’une organisation criminelle déguisée en gouvernement.

Venir fêter à Brazzaville à quatre mois du scrutin présidentiel de Mars 2021, c’est donner le blanc-seing de la France à un régime endurci dans le délit d’opinion, la violation massive des droits de l’homme, la discrimination ethnique et la confiscation des libertés. La France par sa présence au côté du tyran congolais déchirerait alors le pacte qui lie sa grandeur aux valeurs de liberté, consolidera ainsi, le sinistre dessein de l’axe autoritaire Brazzaville – Pékin.

Cette célébration est organisée dans un pays dont la nature autocratique est manifeste, à titre illustratif, Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, deux anciens candidats au scrutin présidentiel, sont incarcérés par une justice aux ordres. De même, quatre jeunes activistes de l’association ‘’Incarner l’Espoir’’ croupissent dans les geôles du régime pour délit d’opinion.

Cette célébration est organisée dans un pays en banqueroute économique : une dette colossale, une corruption généralisée ainsi que des choix stratégiques et partenariats ambigus qui hypothèquent les générations futures.

Cette célébration est organisée dans un pays qui s’autoproclame leader dans la lutte contre le changement climatique, alors qu’il suffit de sillonner le territoire national pour constater les crimes écologiques, les Ecocides qui se multiplient à l’ombre d’un partenariat stratégique destructif Congo/Chine.

Cette célébration est organisée à quatre mois d’un scrutin présidentiel résultant d’une double forfaiture : le vol constitutionnel couplé d’un holdup électoral. Le vainqueur potentiel, le général Cyrard Jean Marie Mokoko de la promotion no 157 << Général de Gaulle >> a dit NON à la forfaiture de Denis Sassou Nguesso tel le général Cyrard Charles De Gaulle en son temps à la forfaiture du régime de Vichy.

Figure de proue de la FrançAfrique, ses liens malsains et ses réseaux obscurs, monsieur Denis Sassou Nguesso traverse l’histoire de la cinquième République française depuis trois décennies. Un anachronisme qui heurte profondément la conscience collective africaine, et congolaise singulièrement.

Au cas où la France décide, malgré tout, d’être à Brazzaville, que sa parole demeure ferme en proclamant et défendant l’universalité de la liberté et des droits de l’homme dont les congolais en sont privés actuellement. C’est ainsi que l’esprit et la lettre du Manifeste du 27 octobre 1940 seront revivifiés.

Le Général Charles De Gaulle que l’on appelait à juste titre ‘’l’Homme de Brazzaville’’, avait lors de l’occupation de la France par l’Allemagne Nazi, établi la capitale de la France libre à Brazzaville et l’a qualifiée de ‘’refuge de l’honneur de la France’’. Au nom de cette vérité historique, la France se doit d’accompagner le Peuple congolais à retrouver son honneur bafoué et flétri.

La Plateforme de l’Opposition Congolaise de la Diaspora se tient disponible pour travailler aux côtés de la France au renouveau des relations séculaires qui lient à jamais nos deux nations.

Paris, le 13 octobre 2020

Pour la Coordination de la Plateforme de la Diaspora

Guy Mafimba Motoki

Francis Mouketo

Michel Pandi Ondongo

Marie Noelle Obambo

Jules Iwangou

Charles Alexandre Tshanga

Jean Pierre Moumele

Taliane Tathy Moukoueke