Témoignage :Amadou Toumani Touré, l’homme et son image

Par Guy MABOUNDA.

En 1993, Amadou Toumani Touré, ancien président du Mali était devenu un acteur majeur de la santé de la population. A travers la fondation Jimmy Carter qu’il dirige à Bamako, il fait de la lutte contre la Dracunculose ou le ver de guinée sa mission première. A l’époque, le ver de guinée, une maladie liée à l’eau sévit dans plusieurs pays d’Afrique : Benin, Burkina Faso, Togo, Cote d’Ivoire, Ghana, Mauritanie, Ouganda, Nigeria et Soudan du Sud.

Amadou Toumani Touré considérait le ver de guinée comme l’une des conséquences du sous-développement. Cette maladie touche les personnes pauvres, n’ayant pas accès à l’eau potable et ne bénéficiant pas des soins de santé primaire. Devant une telle évidence, ces pays ont vu leurs populations rurales être inactives durant la période d’activité agricole.

Dans plusieurs capitales africaines, Amadou Toumani Touré a porté le message de sensibilisation sur l’éradication de la dracunculose. « …il existe bien de solutions simples et efficaces de prévention à la portée des populations rurales… » disait-il.

Ainsi, en 1999, lors de son passage à Cotonou, j’ai eu la chance de le rencontrer. J’étais très motivé de pouvoir lui proposer la réalisation d’un documentaire de 6 minutes à l’ORTB sur le sujet : « Benin : sensibilisation sur les maladies liées à l’eau ».

Militaire de carrière, Amadou Toumani Touré a compris tardivement qu’il avait une double vocation : commander les troupes, être aussi le porte-parole de la santé à l’endroit des populations de base. « …Guy ! l’armée et la santé utilisent pratiquement les mêmes termes face à des situations… » me disait-il avec insistance.